dimanche 20 février 2011

Le permis est dans la poche

Après 3 mois de formation, nous avons passé la semaine dernière nos épreuves de validation (code, plateau, conduite, opérations professionnelles). Nous avons tous réussi l'ensemble des épreuves, avec un maximum de 4 points de pénalité sur l'épreuve du plateau dans sa totalité (questions écrites, vérifs, fiches, manoeuvres) et 3 d'entres-nous à 0 points, ce qui représente un beau score! La seule ombre au tableau est que malheureusement deux de mes camarades n'ont pas réussi la conduite du premier coup. Nous croisons les doigts pour eux, ils doivent repasser cette épreuve ce lundi.

Une chose importante que j'ai constaté lorsque j'ai moi-même passé mon plateau, c'est à quel point le stress peut nous faire perdre nos moyens. Lors de la VAD (Vérification Avant Départ, un tour complet du véhicule avec toute une série de points de contrôle à effectuer avant de prendre la route : pression des pneus, niveaux, fonctionnement des feux, issues de secours, blablabla), que je connaissais pourtant sur le bout des doigts, je me suis retrouvé à m'emmêler les pinceaux sur la vérification des feux, en oubliant d'allumer les feux de brouillard arrière ou en nommant les feux des positions arrières "feux de recul", etc. Ce fut assez folklorique et j'ai dû faire pas mal d'aller-retours entre le poste de conduite et l'extérieur afin d'allumer les feux correspondants... Au final, heureusement, j'ai repris mon sang froid et je ne me suis pris aucun point de pénalité.

Concernant les fiches sécurité/panneau/mécanique, je me suis pris la numéro 5 : le chargement & la surcharge/les ralentisseurs. Zéro points de pénalité également.

Ensuite la manoeuvre, j'ai tiré la numéro 3. Pas la plus difficile, on la faisait en entraînement en mettant franchement les gaz. Par contre pour l'examen j'ai pas du tout fais le malin : je l'ai jouée bien tranquille en faisant patiner l'embrayage. Malgré ça, je me suis fait une frayeur en arrivant au dernier couloir : aucun piquet dans mes rétros! Ils étaient en fait derrière le véhicule car je n'avais pas suffisamment braqué par crainte de sortir ma roue avant de la piste (absurde, il y avait largement la place). Je m'en suis rendu compte juste à temps et suis donc reparti en marche avant dans le couloir précédent, avant de reprendre ma marche arrière en enroulant franchement cette fois. Ensuite, pour l'arrêt de précision sur la bande blanche, j'étais tellement flippé que je me suis arrêté une première fois 80 cm avant d'être dessus, je suis descendu voir où j'en étais exactement, puis suis remonté, ai reculé un peu, suis redescendu, suis remonté et ai finalement terminé... 3min30 pour réaliser une manoeuvre qu'on faisait d'habitude en moins d'une minute... Bon l'essentiel est que je n'ai frôlé aucun piquet et que je n'ai pas dépassé la bande blanche lors de l'arrêt final.

Voilà, donc le TP est dans la poche! Il reste 2 semaines à passer au centre de formation, qui seront consacrées à du perfectionnement de conduite. Il se peut que nous partions quelques jours en montagne, par exemple. Ensuite nous rentrons début mars en entreprise. Pour une fois, j'ai hâte de me mettre au boulot ;-)

lundi 17 janvier 2011

Titre Professionnel Conducteur de Transport Routier Interurbain de Voyageurs (TP CTRIV)


Comme je l'avais annoncé, j'ai bien commencé ma formation mi-novembre. Les 7 autres candidats qui ont été sélectionné par l'entreprise de transport urbain et moi-même sommes donc en train de passer notre permis D et notre FIMO sous la forme d'un Titre Professionnel donc l'intitulé exact est "Conducteur de Transport Routier Interurbain de Voyageurs". Il s'agit d'une formation s'étalant sur 3 mois et demi à temps plein. Les matières abordées sont donc élargies par rapport au permis + FIMO "simples".

Après réussite de ce TP, nous serons amenés à travailler dans l'entreprise sous contrat de professionnalisation pendant une période de 9 mois, durant lesquels nous effectuerons notre travail en toute autonomie sur les lignes régulières, en alternance avec des périodes de formation interne. Le but de ce contrat de professionnalisation sera de nous faire passer un second Titre Professionnel, le TP ACCTRUV (Agent Commercial de Conduite du Transport Routier Urbain de Voyageurs). Celui-ci visera à nous perfectionner dans les matières propres à la conduite de bus urbains : conduite en ville, gestions des conflits, etc. Ce n'est qu'à l'issue de cette longue période de formation en alternance, et sous réserve de réussite des examens de ce second TP, que nous nous verrons proposer un CDI.

Pour l'instant la formation externe se passe bien d'un point de vue personnel. D'un point de vue général, l'ensemble du groupe et moi-même déplorons cependant la médiocre qualité de la formation proposée par le centre (qui fait pourtant partie d'un gros réseau national de formation dont je tairais le nom) et de la grande désorganisation dont celui-ci fait montre. Je ne rentrerai pas ici dans le détail des reproches que nous avons à formuler. Heureusement, il me semble qu'indépendamment de tout cela, nous avons tous la capacité de nous dépatouiller pour réussir les épreuves de validation du titre professionnel.

Nous avons commencé par 4 semaines de cours théoriques : réglementation sociale européenne, mécanique, code de la route, conduite défensive, secourisme, préparation d'un voyage, etc. en alternance avec des sessions de conduite sur simulateur... c'est-à-dire un poste de conduite monté sur vérins, avec des écrans géants à 180°.

La 5ème semaine, nous avons commencé la conduite sur véhicule réel à raison de 4h par jour, les 4h restantes étant consacrées à la poursuite de la théorie. Il devrait en être ainsi jusqu'à la fin de la formation, début mars.

Nous avons débuté la conduite avec 1 semaine de conduite sur route à faible densité de circulation. Moi qui avait quelque peu conduit des PL (porteurs) il y a plusieurs années, j'avoue avoir été étonné de constater à quel point la conduite d'un autocar est différente, et bien plus difficile! En raison de la longueur totale du véhicule bien sûr, et de la nécessité d'apprendre à travailler avec le porte-à-faux avant. Les pneus arrières portent d'ailleurs les stigmates des nombreux trottoirs que nous avons mordus au début ;-) Personnellement, j'ai été ravi de me retrouver à nouveau sur un véhicule lourd, de réapprendre à utiliser les rétros, etc. Bref, cette première semaine fut riche d'enseignements, mais épuisante!

Nous avons ensuite attaqué les manoeuvres sur le plateau. Il s'agit de 6 parcours à réaliser en marche arrière : couloirs étroits, slaloms, etc. Pas grand chose à signaler de ce côté-là. On s'attendait tous à rencontrer des difficultés... or il n'en fut rien : nous avons pratiquement tous réussis les 6 parcours différents du premier coup, et n'avons passé les heures suivantes qu'à nous perfectionner et taper des chronos.

Entre-temps, nous avons également passé une semaine en stage découverte de l'entreprise pour laquelle nous allons travailler. Nous avons eu le loisir d'y visiter les différents postes de commande bus et métro, de voir les différents responsables (tous prenant leur travail très à coeur, ce qui est très motivant) à qui nous aurons à faire, de comprendre le fonctionnement interne de l'entreprise, d'apprendre plus de détails sur nos futures rémunérations et avantages divers, etc. Cette semaine fut très intéressante et nous a, à tous, donné l'envie d'y travailler au plus vite!

Actuellement, je totalise une douzaine d'heures de conduite en circulation et je commence enfin à me sentir à peu près à l'aise avec le véhicule, et à vraiment me sentir progresser. Conduire un autocar n'est en réalité pas aussi simple que certains peuvent l'imaginer ;-)


Lors des examens de ce premier titre professionnel nous aurons, outre les épreuves classiques de circulation et du plateau, deux manoeuvres supplémentaires à savoir effectuer : un créneau et un rangement en bataille. Nous nous verrons également soumettre un "cas de transport", qui consiste à détailler minute après minute les itinéraires, positions du chonotachygraphe, etc. d'un voyage organisé fictif.

Tout ceci ne devrait pas poser de problème. J'ai personellement hâte que la formation s'achève et de pouvoir enfin renter en entreprise! Ma motivation est à 100%, même si, pour les raisons évoquées plus haut, je n'ai pas grand chose de joyeux à raconter au sujet de la formation en elle-même.

jeudi 4 novembre 2010

Visite médicale pour l'aptitude à la conduite

La validité d'un permis de conduire de véhicule lourd (transport de marchandises ou de personnes) est soumise à la passation par son titulaire d'une visite médicale régulière auprès d'un médecin agréé par l'Etat afin de vérifier son aptitude à la conduite. Cette visite doit être faite préalablement à l'obtention du permis, puis tous les cinq ans avant l'âge 60 ans, tous les ans après.

Dans le cadre de mon recrutement auprès des TC de ma ville, j'ai donc moi-même passé cette visite pour la première fois la semaine dernière. Je vais donc pouvoir vous expliquer ce que le médecin y vérifie. En ce qui me concerne, ça s'est très bien passé. Heureusement d'ailleurs, car les contrôles sont plutôt basiques. La visite n'a pas duré plus de 10 minutes, en incluant la rédaction du chèque de 24,40€ non remboursable par la sécurité sociale.

J'espère que ce qui suit permettra de rassurer ceux qui doivent également y passer pour la première fois et qui ne savent pas à quoi s'attendre...
Donc : le médecin mesure la tension artérielle et écoute le rythme cardiaque ainsi que la respiration.
On teste ensuite votre équilibre en vous demandant de vous tenir perché sur un pied, les yeux fermés et les bras tendus.
On teste votre audition en émettant un léger bruit de chaque côté.
On teste la vue : d'abord avec le tableau classique dont il faut lire les lettres à plusieurs mètres de distance (il faut avoir, en portant lunettes ou lentilles, 8/10 avec le meilleur oeil et 5/10 avec le moins bon). Ensuite il teste la largeur du champ visuel en vous faisant regarder droit devant vous et en mettant un objet en mouvement à l'extrême périphérie de chacun de vos yeux.
On regarde aussi brièvement l'état de la colonne vertébrale.

Et voilà. Vous êtes apte. Vous pouvez vous rhabiller. Ha bon, déjà?

Voilà, pas d'inquiétude à avoir pour la majorité des intéressés je pense...


Je vais me permettre un petit aparté destiné aux futurs conducteurs qui auraient un problème particulier aux yeux : le strabisme; et qui redouteraient la visite médicale pour cette raison. (Les autres, vous pouvez lâcher ici). Etant moi-même atteint d'un léger strabisme divergent d'un oeil, je vais vous raconter ma petite histoire. Depuis que ce strabisme s'est déclaré, dans mon enfance, on m'a toujours dit qu'il n'y avait qu'un moyen pour le corriger : l'opération chirurgicale... qui fonctionnerait une fois sur deux. Hormis ce défaut "esthétique" ma vue est correcte pour chacun de mes yeux, mais depuis plusieurs mois sachant que je devais passer cette aptitude médicale, j'étais bêtement inquiet qu'on puisse me recaler à cause de cet oeil qui louche. Suite à quelques discussions à ce sujet avec des amis, j'ai pris connaissance d'une discipline apparemment assez récente, qui s'appelle l'orthoptie. C'est en quelque sorte de la kiné pour les yeux, qui permet de corriger certains strabismes et d'autres troubles grâce à des mouvements oculaires à effectuer. Le strabisme étant le résultat d'un sous-développement de certains muscles servant à faire bouger les yeux, les exercices d'orthoptie permettent de les faire travailler et ainsi de les "muscler". Ce qui à terme corrige le strabisme. On entend parfois dire que de tels exercices ne fonctionnent que chez les enfants. Cependant, j'ai rencontré des adultes pour qui cette méthode a fonctionné. J'ai donc moi aussi commencé il y a quelques mois à faire de tels exercices et... miracle, ça marche! Mon oeil strabique louche effectivement moins souvent et moins fort qu'auparavant, et surtout si je sens qu'il s'y remet je peux consciemment le faire revenir en place (en fait je me "force à loucher" dans le sens inverse et hop il se redresse et reste alors dans la  bonne position).

Je précise que tous les strabismes ne sont pas identiques : certains entraînent des complications particulières : amblyopies, perte de la vision en 3D : à vous de voir avec votre ophtalmologue, votre généraliste, ou directement auprès d'un orthoptiste si des scéances d'orthoptie pourraient vous aider.

Voici des exemples d'exercices que vous pourriez être amenés à effectuer : http://rb.ec-lille.fr/perso/orthopsie.html

dimanche 24 octobre 2010

Recrutement par le réseau de transport en commun de ma ville : 5) test de conduite

La dernière étape : le test de conduite

A la fin de l'entretien, le responsable d'exploitation avec qui j'avais déjà papoté pour mon EMT vient me chercher pour le test. Je suis bien curieux de savoir quel sera le véhicule utilisé... En effet, ayant déjà eu la chance de conduire pas mal d'engins différents dans ma vie : camionnettes de toutes tailles, Fenwicks, PL (je précise que je n'ai pas le perrmis C), et d'autres... je ne crains pas trop la question du gabarit. Par contre je m'interroge beaucoup sur l'ergonomie du véhicule. Je pense en effet que la taille des rétros, la dureté des pédales, le bon état de la boite de vitesse, et autres éléments pratiques peuvent faire toute la différence sur une véhicule inconnu quand on n'a qu'une petite trentaine de minutes pour convaincre... Si on se retrouve avec une vieille bouse démontée qui a passé sa vie à être donnée en patûre à des bleus, le trajet risque d'être moins souple... En fait, il s'avère que je tombe sur un Renault Master plutôt neuf, modifié en stand promotionnel mobile, et qui a donc à l'arrière une caisse cubique qui dépasse en largeur, ce qui le rend similaire à un camping-car de taille moyenne. Ca me va! Je suis doublement rassuré : le véhicule a de bons gros rétros de PL, et la chaîne de transmission s'avère étonnamment plus légère que celle de ma voiture.

Le trajet alterne les difficultés majeures qu'on peut rencontrer en ville (demi-tour sur une grosse avenue très fréquentée, insertion au milieu d'une circulation dense, quelques rues étroites bordées de pistes cyclables, zones limitées à 20km/h, tunnels) et les couloirs de bus (avec parfois leur circulation à contre-sens, ce qui est un peu déconcertant). Je dois également respecter les limites de vitesse imposées aux bus : 40 en ville, 20 dans l'hyper-centre, 70 en dehors. Globalement ça se passe bien, le véhicule n'est pas traître et me permet de conduire à peu près comme je le veux. Le seul point gênant est que le Master est un gros veau des familles (aucun, mais alors aucun couple, et la puissance qui finit seulement par arriver vers 2.500 t/min avec le turbo à fond, bref une abomination pour une conduite style bus). Or, j'ai l'habitude de démarrer souplement : en lâchant simplement l'embrayage, sans besoin d'accélérer sur le premier mètre, mais c'est pratiquement impossible sur le Master et je cale plusieurs fois! Je suis un peu gêné de faire une erreur de jeune conducteur mais le responsable me dit que ça n'a aucune importance, il veut surtout voir si j'ai conscience du gabarit, de la sécurité et du code de la route. Pas de soucis de ce côté-là, et c'est vrai qu'en oubliant le moteur anémique, je me sens très à l'aise dans l'exercice. Le responsable ira même jusqu'à me dire "on dirait que vous avez conduit ça toute votre vie!". Je prends ça pour un beau compliment et termine le test avec la banane jusqu'aux oreilles.

On ramène le véhicule au dépôt et le responsable me demande de le garer en marche arrière dans une place perpendiculaire... au début je suis perplexe, car j'ignorais qu'il y aurait une petite manoeuvre à effectuer... mais en fait je la réalise sans problème : en 10 secondes, super droit et du premier coup! Je me dis que j'ai vraiment un bol pas possible. En fait, ceux qui ont déjà conduit des véhicules lourds le savent : avoir de bons rétros, c'est déjà la moitié du boulot de fait.

En conclusion, autant ce jour-là je suis rentré chez moi sans savoir exactement si j'avais convaincu lors des entretiens des heures précédentes, autant j'avais la certitude d'avoir l'aval du responsable d'exploitation pour ma sélection. Néanmoins, avec le recul je trouve que ce test était plutôt poussé. Je pense qu'une personne qui n'aurait pas eu l'opportunité de conduire différents types de véhicules dans sa vie s'en serait sans doute sorti avec plus de difficulté.

La morale de toute ces épreuves de recrutement est qu'il n'est vraiment pas aisé de rentrer dans les grandes entreprises. A l'inverse, chez certains petits autocaristes, j'ai eu des échos de conducteurs se présentant le vendredi pour un petit dialogue sympathique avec le responsable, et hop embauche immédiate pour commencer le lundi... le tout sans expérience avec uniquement un permis tout frais en poche! Mais bien sûr, c'était pour du temps partiel au SMIC horaire...

En ce qui me concerne, ce test était donc la dernière étape de la procédure de recrutement, et c'est seulement deux semaines plus tard que je recevrai la confirmation téléphonique que ma candidature a été retenue. Deux semaines durant lesquelles je dois admettre que j'ai eu du mal à trouver le sommeil!

Trois semaines après le coup de fil, c'est-à-dire cinq semaines après cette dernière série de tests et d'entretiens, j'ai finalement reçu une grosse enveloppe du centre de formation choisi par l'entreprise, contenant toutes les informations pratiques.

On commence donc le 15/11 (6 mois après les premiers contacts avec l'entreprise). Il y a un dossier à remplir et bien sûr le document pour l'aptitude médicale. A cet effet, je me rends lundi chez le médecin agréé. A priori je suis en parfaite santé, mais j'espère ne pas être pénalisé par mon léger strabisme...

vendredi 22 octobre 2010

Recrutement par le réseau de transport en commun de ma ville : 4) 3ème entretien

Ci-contre un des bus de mon enfance ;)
Photo © Maxime Mathon

Second entretien de la journée marathon

Après l'entretien avec les deux chefs de groupe, j'ai été amené à rencontrer un responsable des ressources humaines. Ici l'entretien fût beaucoup plus classique et le ton plus standard : ni sympa ni désagréable ; juste professionnel et courtois .

Au cours de cet entretien, pas de piège ou d'entourloupe psychologique (ou alors je n'y ai vu que du feu!). Ca se limite à la liste des questions typiques... sans toutefois en louper aucune : qualités, défauts, motivation, comment j'imagine le métier,  suis-je conscient des contraintes, est-ce que je connais bien l'entreprise, où je me vois dans 10 ans, la rémunération proposée me convient-elle, etc. Certaines sont même posées plusieurs fois avec des formulations différentes, mais sinon on ne s'écarte jamais du canevas "classique". Le responsable me laisse volontiers diriger certaines parties de l'entretien, on en vient à discuter assez concrètement du fonctionnement de l'entreprise, de l'octroit du contrat de gestion par l'agglomération et du renouvellement de celui-ci, etc. Il y a donc une volonté que l'entretien ressemble a un vrai dialogue, si bien que je ne vois pas le temps passer : on se quitte après 1h20, ce qui n'est pas court.

Au final ce fût un entretien relativement traditionnel mais d'un niveau élevé : les questions ont été enchaînées assez rapidement et on s'attendait apparemment à ce que je réponde comme un avocat à la barre. Il était donc une fois de plus important de se sentir bien dans ses baskets, sous peine de se laisser impressionner. Très honnêtement, je n'aurais peut-être pas réussi à m'en sortir si j'avais été quelques années plus jeune et sans expérience des entretiens d'embauche... D'ailleurs, il ne me semble pas qu'il y ait beaucoup de CR de moins de 30 ans dans cette entreprise...

dimanche 17 octobre 2010

Recrutement par le réseau de transport en commun de ma ville : 3) 2ème entretien

Une quinzaine de jours après l'entretien avec la psychologue du cabinet de recrutement, je reçois un coup de fil du responsable d'exploitation de la société de transport, m'annonçant que ma candidature a été retenue pour la suite des événements. En effet, je serai convoqué 5 à 6 semaines plus tard pour deux entretiens et un test de conduite. Quatre mois de délai entre le début du recrutement et la dernière série d'entretiens, qui elle-même précède l'entrée en fonction effective de plusieurs mois, voilà ce qu'on appelle une entreprise dotée "d'une vision à long terme" ;-)

Mi-septembre donc, je me retrouve effectivement dans les bureaux de l'entreprise pour une journée marathon : à intervalles de deux heures se succéderont un entretien face à deux responsables de groupe, un entretien face au DRH, et un test de conduite en camionnette. Ma foi c'est plutôt bien vu... j'ai toujours été partisan de passer les épreuves difficiles le plus rapidement possible, et je préfère en finir une bonne fois pour toute avec les entretiens plutôt que de devoir revenir durant trois journées successives. De leur côté, je pense que mettre le test de conduite en fin de journée après deux entretiens permet de voir comment on se débrouille avec un peu de fatigue et de stress dans les pattes.

D'un point de vue vestimentaire, connaissant le côté légèrement "guindé" des bureaux de l'entreprise pour y avoir mis les pieds en mai pour mon EMT, je ne peux cependant toujours pas me résoudre à mettre un costume pour un emploi de conducteur. Mais je décide de faire ce qu'il y a de plus chic sans tomber dans le complet veston-cravate. Tout de noir vêtu, je porte un pantalon de costume super bien taillé et une belle chemise noire à rayures, rentrée dans le pantalon cette fois. Classe, discret, nickel. En fait, je suis en costume mais sans cravate et je profite qu'il fait encore beau pour laisser le veston à la maison. Une fois de plus j'ai de la chance et je pense avoir fait mouche. En effet, ce jour-là mes interlocuteurs sont habillés de la même manière, voir franchement plus cool. Le costume aurait sans doute été de trop.

Premier entretien : duo de responsables de groupe

Sans doute un des entretiens les plus difficiles que j'ai connu. Manifestement; les deux responsables ont chacun un rôle à jouer : le premier qui restera à me fixer stoïquement pendant tout l'entretien, le second qui tentera de démonter chacun de mes propos pendant toute la durée de celui-ci. Ayant beaucoup voyagé et exercé un bon nombre de métiers différents par le passé, je comprends rapidement que mon rôle sera de les convaincre de ma volonté (réelle!) de me poser à présent et de rentrer dans cette profession sur le long terme. Il apparaît clairement que les responsables craignent de se retrouver avec un CR ingérable, instable ou qui n'en fait qu'à sa tête. En fait ce n'est pas du tout mon cas : je suis plutôt bonne pâte et fiable, mais en grand curieux de la vie et n'ayant jamais craint de me retrouver dans le besoin, ça explique mon parcours éclectique. Or pour les en convaincre, on tente de me pousser dans mes derniers retranchements. Par exemple, on me demande pourquoi je ne veux plus exercer tel métier que j'ai fait auparavant, je réponds qu'il présentait tel désavantage, on me coupe brutalement et on me répond que c'est faux! Evidemment c'est désarçonnant, je sais quand même de quoi je parle... Du coup j'affine mon explication et, voyant qu'il n'est plus possible de me casser sur ce sujet, on me coupe à nouveau la parole sêchement  pour enchaîner sur autre chose. Autre exemple : on me demande si je me vois encore comme CR dans 30 ans. Bien sûr c'est une question à laquelle il est difficile de répondre (qui sait ce qui peut se passer en 30 ans), mais ma foi je n'y vois à priori pas d'objection et commence à les en convaincre... on me pose 2-3 sous-questions dans le but de me faire continuer dans cette direction, et paf! tout à coup un des responsables lève la voix et me fait comprendre que les CR deviennent souvent mécontents après quelques années de service, et que l'entreprise s'en fout (texto!) de savoir qu'on reste chez eux longtemps ou pas, que de toutes façons ce n'est pas eux qui paient la formation mais Pôle-Emploi... Du coup, à quoi bon avoir passé 5 minutes à essayer de savoir si je m'y voyais encore dans 30 ans...?

Bref, je pourrais encore donner de nombreux exemples qui ont eu lieu au cours de cet entetien d'une heure très intense. Mais pour résumer, je pense que les buts principaux de cette épreuve étaient de tester la cohérence de ma motivation, de vérifier ma résistance au stress, mon sang-froid, et ma bonne humeur. J'ai même quelque peu l'impression que le contenu réel de mes réponses n'était pas toujours important et qu'il n'était que prétexte à trouver un moyen de me "malmener" un peu et d'observer ma réaction.

Je suis resté cool et souriant tout du long et, bien qu'un peu désarçonné à plusieurs reprises, j'ai réussi à garder une attitude positive. Sincèrement, je ne suis pas dans leur tête mais je crois que c'était ça le plus important et que ça a porté ses fruits. Le clou du spectacle a été, après ces questions posées de manière tout de même relativement agressive, de me demander comment j'avais trouvé l'entrevue. En toute honnêteté, j'ai répondu du tac au tac "oh, ça c'est très bien passé!". En effet, j'étais fier d'avoir gardé une bonne attitude malgré la situation assez contraignante. Je crois que cette réponse a également été décisive car au fond, quand on passe une journée au volant avec des clients qui ne vous saluent pas, qui râlent parce que ça n'avance pas assez vite ou qui vous insultent parce que vous ne les laissez pas rentrer dans le bus avec un meuble de 3 mètres, et bien c'est important d'avoir en soi suffisamment d'énergie positive pour rester cool.

samedi 16 octobre 2010

Recrutement par le réseau de transport en commun de ma ville : 2) 1er entretien

Une semaine après avoir passé les tests de présélection, je reçois un coup de fil du cabinet de recrutement me conviant à un entretien individuel avec la psychologue qui nous avait fait passer les tests. Nous étions fin juin, le rendez-vous était fixé à la fin juillet. Un mois d'attente supplémentaire...

Le jour de l'entretien, c'est muni de ma plus belle chemise et de mes plus beaux souliers que je m'y suis rendu. J'ai longtemps hésité à "faire pêter" le costume et la cravate, mais les relativement nombreuses expériences que j'ai eu dans différents types d'emplois m'ont montré qu'il n'est pas forcément apprécié d'en faire de trop. Voir même que se présenter dans l'habit qui correspond plus ou moins à celui qu'on portera durant le boulot est peut-être la meilleure idée. Par exemple, en tant que magasinier je me suis souvent présenté en pantalon de travail et chaussures de sécurité (le tout nickel bien sûr!) et à l'inverse pour des emplois de bureau je me nantissais d'un costume, d'une belle chemise et d'une belle cravate. Les CR de notre réseau urbain ne portant ni cravate ni même pour la plupart leur uniforme réglementaire, j'ai décidé de faire simple, propre, passe-partout et en fait d'adopter un look similaire à celui de la plupart d'entre-eux pendant leur service : chaussures classiques en cuir, jean bien taillé, belle chemise. Sans plus. Personellement, je trouvais incongru d'arriver en costume pour un emploi de ce type, et je pense avoir bien fait. (J'adopterai cependant une tactique vestimentaire différente lors des entretiens ultérieurs que j'aurai avec les responsables de l'entreprise en personne, je vous expliquerai pourquoi dans un futur article).

Ce premier entretien, qui durera 1h30, est basé sur un principe de dialogue. Je ne suis pas bombardé de questions, je n'ai même pas droit aux habituelles sur mes qualités, défauts, où je me vois dans 10 ans, etc. La psychologue me demande simplement de parler de moi et rapidement nous échangeons véritablement nos points de vue sur différents aspects du métier, de l'entreprise, de ma vie passée, ... le tout sourire aux lèvres. Elle me sort enfin le résultat du fameux test psychologique de 300 questions, il s'agit d'une feuille reprenant une douzaine de traits de caractères avec des graphiques et des explications pour chacun. Apparemment je suis pile dans la norme pour la plupart des traits étudiés, à part un ou deux pour lesquels je dévie légèrement. Bon, tant mieux... Apparemment je ne suis pas dingue! Nous discutons de manière toujours sympathique de ces traits de caractères : suis-je d'accord avec ce que les résultats suggèrent? Puis-je donner des exemples de situations vécues? Durant quelques minutes le côté psy ressort de manière plus évidente, mais bon il faut bien y passer!
Au final, j'ai l'impression que l'entretien sert juste à déterminer si j'ai bien le type de personnalité qui peut convenir au métier de CR. Nous n'en sommes pas encore au stade où on parle de ma motivation, du salaire, des conditions de travail, etc. ceci viendra plus tard, avec des responsables de l'entreprise.

L'heure et demi passe très vite et, au terme de l'entretien, la psychologue m'annonce qu'il y a un test psychomoteur à passer. Tiens donc! Heureusement, je savais plus ou moins à quoi m'attendre grâce au blog de Yeril. Le test auquel je suis confronté s'avère assez déroutant au début : il s'agit de déplacer à l'aide de deux manivelles un élément mobile au milieu d'un couloir étroit qui forme un circuit dont il faudra faire le plus grand nombre de tours en un temps donné. Il faut éviter de toucher les bords du couloir, sous peine de voir buzzer le mobile. L'orientation des manivelles fait que ce n'est pas intuitif du tout : par exemple on va tourner dans le sens horaire une manivelle placée devant soi pour faire aller le mobile en arrière... Le premier tour compte pour du beurre, et heureusement car je fais une performance catastrophique! La psy me propose même un second tour d'essai. Heureusement, je finis tout à coup par maîtriser l'engin (le temps de piger le truc) et réalise au final un score qui semble pas mal. La psychologue m'explique qu'outre la coordination des mouvements, le but du jeu était aussi de vérifier la résistance au stress. En effet, c'est à 50 cm de distance qu'elle observe scrupuleusement le candidat peiner sur l'appareil, qui est déjà en lui-même assez désagréable à manipuler. Ayant trouvé le moyen de plaisanter avec la psy tout en réalisant l'exercice, j'ai passé l'aspect "stress" haut la main ;)

Avant de se quitter, j'apprends que sur les 60 candidats qui s'étaient présentés aux tests de présélection, seuls 28 personnes les ont réussis et auront droit à ce rendez-vous avec la psychologue. Sur les 28, la psy n'en retiendra qu'une douzaine pour les étapes suivantes de la sélection. Et de cette douzaine, l'entreprise n'en gardera à la fin que 8 pour débuter la formation. Je décide d'y aller franco et lui demande de but en blanc quelles sont mes chances à l'issue de cet entretien et, étonnamment, elle m'informe qu'il y a une forte probabilité que je sois effectivement retenu, au vu des candidats qu'elle a déjà rencontré. J'évite cependant de trop me réjouir car il lui en reste une bonne poignée à voir. Tant que j'y suis, je lui demande quels pourraient être, selon elle qui est une professionnelle du recrutement, mes points faibles qui pourraient faire que ma candidature soit moins appréciée par les responsables de l'entreprise. Là encore à ma grande surprise, elle semble satisfaite qu'on lui pose la question et de pouvoir y répondre en toute franchise. Les éléments qu'elle me donnent me serviront d'ailleurs grandement!

Morale de ce recrutement jusqu'à présent : avoir une attitude sincère, ouverte et franche semble porter ses fruits. Rien ne sert d'essayer de se dissimuler ou de baratiner (comme on peut parfois le croire quand on est gamin et qu'on a pas encore eu de vrais entretiens d'embauche)... Il ne faut pas hésiter à poser des questions, sans avoir peur de paraître un peu naïf... Etre curieux n'est après tout qu'un reflet de notre motivation!

Je saurais 15 jours plus tard si oui ou non je suis sélectionné pour la suite... Si oui, j'aurai alors droit a un entretien face à deux responsables de groupe (les chefs qui gèrent les CR au quotidien), un entretien avec le directeur des ressources humaines, et un test de conduite en camionnette.