Contrairement à certains collègues qui semblent être en guerre avec tout automobiliste, ces derniers ne sont pas pour moi une cause du frustration majeure... en général. En effet, contrairement à certains piétons manifestement dénués de toute forme d'instinct de survie et dont il faudra que je parle dans un prochain texte, les automobilistes semblent au moins freinés dans leurs ardeurs par la crainte de rayer/plier leur belle bagnole contre le bus.
Bien sûr, il y a des exceptions, principalement lorsqu'on quitte les arrêts. C'est toujours à ce moment-là qu'un mec (ou une nana, il y a une vraie parité des sexes dans le domaine des chauffards) en BMW, Mercedes ou autre grosse voiture (ce point est quasi systématique) se figure qu'il a le droit de passer à fond et d'empêcher le bus de quitter son arrêt. Certains vont même jusqu'à klaxonner le bus sortant. En pareil cas, bien sûr, ni une ni deux je m'arrête devant l'imbécile qui a voulu me forcer le passage, regarde dans les yeux le gus en train de pester dans sa bagnole et lui sort un petit coup de "corne de brume" (ça fait du vent un klaxon de bus) suivi d'un geste des mains accompagné d'un haussement d'épaules signifiant "ben oui, tu vois coco moi aussi j'ai un klaxon, mais ça avance à quoi de l'utiliser et de foncer quand il n'y a pas la place de passer?"... En espérant que ça puisse un tout petit peu lui faire réfléchir pour la prochaine fois. Et puis aussi parce que ça fait du bien.
Je rappelle ceci :
En agglomération, tout conducteur doit ralentir si nécessaire et au besoin d'arrêter pour laisser les véhicules de transport en commun quitter les arrêts signalés comme tels.
Le fait, pour tout conducteur, de contrevenir aux dispositions du présent article est puni de l'amende prévue pour les contraventions de la deuxième classe.
(Article R412-11 du code la route en vigueur depuis le 01 juin 2011)
Bon, contravention de deuxième classe je trouve ça un peu léger, après tout l'infraction est un refus de priorité (!), mais au moins la loi existe. Je trouve également regretable qu'à l'arrière de nos bus le petit panneau rappellant cette règle soit trop gentil (Priorité au bus quittant l'arrêt, merci.) et laisse à penser qu'il s'agisse d'une demande de politesse faite aux automobilistes. "Merci"?! Comment ça merci? Pourquoi pas "s'il vous plaît" tant qu'on y est? Je verrais plutôt un message du genre "Priorité au bus quittant l'arrêt. Céder le passage sous peine d'amende. Article R412-11" sur un panneau beaucoup plus grand et affiché en couleurs vives contrastant avec la livrée pour qu'il soit bien visible. Il faut vraiment que cette règle rentre dans les moeurs... Je veux dire, la plupart des gens respectent les feux rouges, les stop et autres priorité à droite, alors pourquoi faudrait-il ne pas respecter le droit d'un bus à quitter son arrêt?
Souvenez-vous que vous retardez le trajet de 5, 10, 20... 50, ... et jusqu'à 160 personnes dans un bus articulé en l'empêchant égoïstement de faire son boulot au profit de votre petite bagnole dans laquelle vous êtes tout seul.
Texte dédié aux quelques conducteurs qui nous laissent bosser en quittant les arrêts et nous invitent même à sortir à l'aide d'un appel de phare par exemple. Ca fait extrêmement plaisir, et dans ce cas je sors toujours la main en guise de remerciement ;-)
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vendredi 19 août 2011
dimanche 24 octobre 2010
Recrutement par le réseau de transport en commun de ma ville : 5) test de conduite
La dernière étape : le test de conduite
A la fin de l'entretien, le responsable d'exploitation avec qui j'avais déjà papoté pour mon EMT vient me chercher pour le test. Je suis bien curieux de savoir quel sera le véhicule utilisé... En effet, ayant déjà eu la chance de conduire pas mal d'engins différents dans ma vie : camionnettes de toutes tailles, Fenwicks, PL (je précise que je n'ai pas le perrmis C), et d'autres... je ne crains pas trop la question du gabarit. Par contre je m'interroge beaucoup sur l'ergonomie du véhicule. Je pense en effet que la taille des rétros, la dureté des pédales, le bon état de la boite de vitesse, et autres éléments pratiques peuvent faire toute la différence sur une véhicule inconnu quand on n'a qu'une petite trentaine de minutes pour convaincre... Si on se retrouve avec une vieille bouse démontée qui a passé sa vie à être donnée en patûre à des bleus, le trajet risque d'être moins souple... En fait, il s'avère que je tombe sur un Renault Master plutôt neuf, modifié en stand promotionnel mobile, et qui a donc à l'arrière une caisse cubique qui dépasse en largeur, ce qui le rend similaire à un camping-car de taille moyenne. Ca me va! Je suis doublement rassuré : le véhicule a de bons gros rétros de PL, et la chaîne de transmission s'avère étonnamment plus légère que celle de ma voiture.
Le trajet alterne les difficultés majeures qu'on peut rencontrer en ville (demi-tour sur une grosse avenue très fréquentée, insertion au milieu d'une circulation dense, quelques rues étroites bordées de pistes cyclables, zones limitées à 20km/h, tunnels) et les couloirs de bus (avec parfois leur circulation à contre-sens, ce qui est un peu déconcertant). Je dois également respecter les limites de vitesse imposées aux bus : 40 en ville, 20 dans l'hyper-centre, 70 en dehors. Globalement ça se passe bien, le véhicule n'est pas traître et me permet de conduire à peu près comme je le veux. Le seul point gênant est que le Master est un gros veau des familles (aucun, mais alors aucun couple, et la puissance qui finit seulement par arriver vers 2.500 t/min avec le turbo à fond, bref une abomination pour une conduite style bus). Or, j'ai l'habitude de démarrer souplement : en lâchant simplement l'embrayage, sans besoin d'accélérer sur le premier mètre, mais c'est pratiquement impossible sur le Master et je cale plusieurs fois! Je suis un peu gêné de faire une erreur de jeune conducteur mais le responsable me dit que ça n'a aucune importance, il veut surtout voir si j'ai conscience du gabarit, de la sécurité et du code de la route. Pas de soucis de ce côté-là, et c'est vrai qu'en oubliant le moteur anémique, je me sens très à l'aise dans l'exercice. Le responsable ira même jusqu'à me dire "on dirait que vous avez conduit ça toute votre vie!". Je prends ça pour un beau compliment et termine le test avec la banane jusqu'aux oreilles.
On ramène le véhicule au dépôt et le responsable me demande de le garer en marche arrière dans une place perpendiculaire... au début je suis perplexe, car j'ignorais qu'il y aurait une petite manoeuvre à effectuer... mais en fait je la réalise sans problème : en 10 secondes, super droit et du premier coup! Je me dis que j'ai vraiment un bol pas possible. En fait, ceux qui ont déjà conduit des véhicules lourds le savent : avoir de bons rétros, c'est déjà la moitié du boulot de fait.
En conclusion, autant ce jour-là je suis rentré chez moi sans savoir exactement si j'avais convaincu lors des entretiens des heures précédentes, autant j'avais la certitude d'avoir l'aval du responsable d'exploitation pour ma sélection. Néanmoins, avec le recul je trouve que ce test était plutôt poussé. Je pense qu'une personne qui n'aurait pas eu l'opportunité de conduire différents types de véhicules dans sa vie s'en serait sans doute sorti avec plus de difficulté.
La morale de toute ces épreuves de recrutement est qu'il n'est vraiment pas aisé de rentrer dans les grandes entreprises. A l'inverse, chez certains petits autocaristes, j'ai eu des échos de conducteurs se présentant le vendredi pour un petit dialogue sympathique avec le responsable, et hop embauche immédiate pour commencer le lundi... le tout sans expérience avec uniquement un permis tout frais en poche! Mais bien sûr, c'était pour du temps partiel au SMIC horaire...
En ce qui me concerne, ce test était donc la dernière étape de la procédure de recrutement, et c'est seulement deux semaines plus tard que je recevrai la confirmation téléphonique que ma candidature a été retenue. Deux semaines durant lesquelles je dois admettre que j'ai eu du mal à trouver le sommeil!
Trois semaines après le coup de fil, c'est-à-dire cinq semaines après cette dernière série de tests et d'entretiens, j'ai finalement reçu une grosse enveloppe du centre de formation choisi par l'entreprise, contenant toutes les informations pratiques.
On commence donc le 15/11 (6 mois après les premiers contacts avec l'entreprise). Il y a un dossier à remplir et bien sûr le document pour l'aptitude médicale. A cet effet, je me rends lundi chez le médecin agréé. A priori je suis en parfaite santé, mais j'espère ne pas être pénalisé par mon léger strabisme...
A la fin de l'entretien, le responsable d'exploitation avec qui j'avais déjà papoté pour mon EMT vient me chercher pour le test. Je suis bien curieux de savoir quel sera le véhicule utilisé... En effet, ayant déjà eu la chance de conduire pas mal d'engins différents dans ma vie : camionnettes de toutes tailles, Fenwicks, PL (je précise que je n'ai pas le perrmis C), et d'autres... je ne crains pas trop la question du gabarit. Par contre je m'interroge beaucoup sur l'ergonomie du véhicule. Je pense en effet que la taille des rétros, la dureté des pédales, le bon état de la boite de vitesse, et autres éléments pratiques peuvent faire toute la différence sur une véhicule inconnu quand on n'a qu'une petite trentaine de minutes pour convaincre... Si on se retrouve avec une vieille bouse démontée qui a passé sa vie à être donnée en patûre à des bleus, le trajet risque d'être moins souple... En fait, il s'avère que je tombe sur un Renault Master plutôt neuf, modifié en stand promotionnel mobile, et qui a donc à l'arrière une caisse cubique qui dépasse en largeur, ce qui le rend similaire à un camping-car de taille moyenne. Ca me va! Je suis doublement rassuré : le véhicule a de bons gros rétros de PL, et la chaîne de transmission s'avère étonnamment plus légère que celle de ma voiture.
Le trajet alterne les difficultés majeures qu'on peut rencontrer en ville (demi-tour sur une grosse avenue très fréquentée, insertion au milieu d'une circulation dense, quelques rues étroites bordées de pistes cyclables, zones limitées à 20km/h, tunnels) et les couloirs de bus (avec parfois leur circulation à contre-sens, ce qui est un peu déconcertant). Je dois également respecter les limites de vitesse imposées aux bus : 40 en ville, 20 dans l'hyper-centre, 70 en dehors. Globalement ça se passe bien, le véhicule n'est pas traître et me permet de conduire à peu près comme je le veux. Le seul point gênant est que le Master est un gros veau des familles (aucun, mais alors aucun couple, et la puissance qui finit seulement par arriver vers 2.500 t/min avec le turbo à fond, bref une abomination pour une conduite style bus). Or, j'ai l'habitude de démarrer souplement : en lâchant simplement l'embrayage, sans besoin d'accélérer sur le premier mètre, mais c'est pratiquement impossible sur le Master et je cale plusieurs fois! Je suis un peu gêné de faire une erreur de jeune conducteur mais le responsable me dit que ça n'a aucune importance, il veut surtout voir si j'ai conscience du gabarit, de la sécurité et du code de la route. Pas de soucis de ce côté-là, et c'est vrai qu'en oubliant le moteur anémique, je me sens très à l'aise dans l'exercice. Le responsable ira même jusqu'à me dire "on dirait que vous avez conduit ça toute votre vie!". Je prends ça pour un beau compliment et termine le test avec la banane jusqu'aux oreilles.
On ramène le véhicule au dépôt et le responsable me demande de le garer en marche arrière dans une place perpendiculaire... au début je suis perplexe, car j'ignorais qu'il y aurait une petite manoeuvre à effectuer... mais en fait je la réalise sans problème : en 10 secondes, super droit et du premier coup! Je me dis que j'ai vraiment un bol pas possible. En fait, ceux qui ont déjà conduit des véhicules lourds le savent : avoir de bons rétros, c'est déjà la moitié du boulot de fait.
En conclusion, autant ce jour-là je suis rentré chez moi sans savoir exactement si j'avais convaincu lors des entretiens des heures précédentes, autant j'avais la certitude d'avoir l'aval du responsable d'exploitation pour ma sélection. Néanmoins, avec le recul je trouve que ce test était plutôt poussé. Je pense qu'une personne qui n'aurait pas eu l'opportunité de conduire différents types de véhicules dans sa vie s'en serait sans doute sorti avec plus de difficulté.
La morale de toute ces épreuves de recrutement est qu'il n'est vraiment pas aisé de rentrer dans les grandes entreprises. A l'inverse, chez certains petits autocaristes, j'ai eu des échos de conducteurs se présentant le vendredi pour un petit dialogue sympathique avec le responsable, et hop embauche immédiate pour commencer le lundi... le tout sans expérience avec uniquement un permis tout frais en poche! Mais bien sûr, c'était pour du temps partiel au SMIC horaire...
En ce qui me concerne, ce test était donc la dernière étape de la procédure de recrutement, et c'est seulement deux semaines plus tard que je recevrai la confirmation téléphonique que ma candidature a été retenue. Deux semaines durant lesquelles je dois admettre que j'ai eu du mal à trouver le sommeil!
Trois semaines après le coup de fil, c'est-à-dire cinq semaines après cette dernière série de tests et d'entretiens, j'ai finalement reçu une grosse enveloppe du centre de formation choisi par l'entreprise, contenant toutes les informations pratiques.
On commence donc le 15/11 (6 mois après les premiers contacts avec l'entreprise). Il y a un dossier à remplir et bien sûr le document pour l'aptitude médicale. A cet effet, je me rends lundi chez le médecin agréé. A priori je suis en parfaite santé, mais j'espère ne pas être pénalisé par mon léger strabisme...
jeudi 30 septembre 2010
Premiers renseignements sur le permis D et la FIMO
Lorsque je me suis décidé à m'orienter vers ce métier, la conduite de passagers, je pensais naïvement qu'il me suffirait de me rendre dans une auto-école, de passer quelques heures de cours pratiques, et hop! j'aurais mon permis en moins de temps qu'il ne faut pour le dire. J'avais tout faux.
En effet, je suis installé en France depuis peu de temps, et je ne connaissais pas alors les obligations légales qui y régissent l'obtention des permis. Dans mon pays d'origine, c'est-à-dire la Belgique (il faut bien avoir une qualité!), obtenir un permis pour véhicules lourds est très simple. Il faut passer le permis théorique (le code) adapté à la catégorie de véhicule qu'on souhaite conduire, puis suivre un tout petit 8 heures de cours pratiques (vous avez bien lu, huit heures) pour pouvoir présenter l'examen pratique (manoeuvres et route). Le tout pour une somme à peu près équivalente à celle qu'on dépenserait pour passer le permis auto. Il est également possible de suivre un cursus de 8 heures de cours additionel pour se préparer à d'autres examens dont la réussite octroie le CAP, désormais rendu obligatoire par je-ne-sais-plus-quelle directive européenne pour la conduite professionnelle de véhicules lourds. Ces 8 heures de cours supplémentaires ne sont même pas obligatoires. En effet, il existe des manuels, et libre à vous de présenter l'examen du CAP si vous vous sentez suffisement à l'aise. La directive européenne imposant ce CAP plutôt cool en Belgique, est la même qui est à l'origine de la création de... la FIMO en France! Si si! Ceux qui savent de quoi je parle, vous pouvez remonter votre mâchoire inférieure.
Pour les autres, je vais vous expliquer ce qu'est la FIMO et comment l'obtenir, ainsi que le permis D bien sûr. Ce qui suit s'applque surtout pour les personnes âgées de plus de 26 ans. Les personnes plus jeunes peuvent en principe faire un CAP, dont l'accès est moins difficile.
La première étape a été de me renseigner afin de comprendre (hum...) la législation qui régissait l'obtention du permis D en France. Pour le transport de personne exercée de manière professionnelle, le permis D ne suffit pas (plus, rapport à la fameuse directive machin-truc). Désormais, il faut en plus obtenir ce qu'on appelle la FIMO (Formation Initiale Minimum Obligatoire). Cette FIMO n'est pas, contrairement à ce que son nom laisse supposer, obligatoire, si vous désirez par exemple balader vos 18 gamins de manière privée dans votre propre bus.
Le permis D peut être passé dans une auto-école ou dans un centre de formation spécialisé dans les métiers du transport (AFT-IFTIM, Forget, Promotrans, ECF …) ainsi qu'à l'AFPA. Comme pour le permis B, il faut passer le code et un examen pratique (fiches, plateau et route).
La FIMO est une certification qui s'obtient à la réussite d'un examen qui fait suite à 4 semaines de cours (140 heures), qui pourront également être suivis dans un centre de formation aux métiers du transport. Ces cours mettent l'accent sur la sécurité routière, la conduite préventive, économique, etc. Ils comprennent une partie pratique et une partie théorique. C'est en quelque sorte un approfondissement de ce qu'on apprend pour obtenir le permis « sec » et on le fait généralement juste après avoir obtenu le permis.
Au total, il faut compter environ 7 semaines de formation à temps plein pour obtenir le permis D et la FIMO.
Une fois le permis et la FIMO obtenus, vous serez tenus de suivre 35h de cours de remise à niveau tous les cinq ans.
Précisons que l'accès au permis D et donc aux cours de conduite sont subordonnés à la passation d'une visite médicale légale obligatoire auprès d'un médecin agréé. La liste des médecins agréés est disponible auprès de votre préfecture.
Petit détail qui a son importance : le prix le moins cher trouvé à ce jour pour passer le permis D est de ~2000€ et pour la FIMO ~2500€... ce qui signifie 4500€ au total...
L'accès à la profession de conducteur de transport de personnes pour également se faire via un Titre Professionnel qui comprend permis D, FIMO ainsi que des cours divers afin de faire de vous un conducteur « complet », capable de préparer un itinéraire, d'avoir des bases de géographie, de faire face à différents ennuis mécaniques, etc. Celui-ci dure 3 mois et demi et son coût avoisine les 8.000 à 10.000€.
Dans les deux cas, les billets verts ne me poussent pas encore sous les aisselles... il a donc fallu me mettre en quête d'une solution de financement... C'est ce que je vous raconterai au prochain épisode.
Edit : j'ai trouvé un petit ficher sympa qui récapitule succintement ce qu'il faut savoir sur l'obtention du permis D en France.
En effet, je suis installé en France depuis peu de temps, et je ne connaissais pas alors les obligations légales qui y régissent l'obtention des permis. Dans mon pays d'origine, c'est-à-dire la Belgique (il faut bien avoir une qualité!), obtenir un permis pour véhicules lourds est très simple. Il faut passer le permis théorique (le code) adapté à la catégorie de véhicule qu'on souhaite conduire, puis suivre un tout petit 8 heures de cours pratiques (vous avez bien lu, huit heures) pour pouvoir présenter l'examen pratique (manoeuvres et route). Le tout pour une somme à peu près équivalente à celle qu'on dépenserait pour passer le permis auto. Il est également possible de suivre un cursus de 8 heures de cours additionel pour se préparer à d'autres examens dont la réussite octroie le CAP, désormais rendu obligatoire par je-ne-sais-plus-quelle directive européenne pour la conduite professionnelle de véhicules lourds. Ces 8 heures de cours supplémentaires ne sont même pas obligatoires. En effet, il existe des manuels, et libre à vous de présenter l'examen du CAP si vous vous sentez suffisement à l'aise. La directive européenne imposant ce CAP plutôt cool en Belgique, est la même qui est à l'origine de la création de... la FIMO en France! Si si! Ceux qui savent de quoi je parle, vous pouvez remonter votre mâchoire inférieure.
Pour les autres, je vais vous expliquer ce qu'est la FIMO et comment l'obtenir, ainsi que le permis D bien sûr. Ce qui suit s'applque surtout pour les personnes âgées de plus de 26 ans. Les personnes plus jeunes peuvent en principe faire un CAP, dont l'accès est moins difficile.
La première étape a été de me renseigner afin de comprendre (hum...) la législation qui régissait l'obtention du permis D en France. Pour le transport de personne exercée de manière professionnelle, le permis D ne suffit pas (plus, rapport à la fameuse directive machin-truc). Désormais, il faut en plus obtenir ce qu'on appelle la FIMO (Formation Initiale Minimum Obligatoire). Cette FIMO n'est pas, contrairement à ce que son nom laisse supposer, obligatoire, si vous désirez par exemple balader vos 18 gamins de manière privée dans votre propre bus.
Le permis D peut être passé dans une auto-école ou dans un centre de formation spécialisé dans les métiers du transport (AFT-IFTIM, Forget, Promotrans, ECF …) ainsi qu'à l'AFPA. Comme pour le permis B, il faut passer le code et un examen pratique (fiches, plateau et route).
La FIMO est une certification qui s'obtient à la réussite d'un examen qui fait suite à 4 semaines de cours (140 heures), qui pourront également être suivis dans un centre de formation aux métiers du transport. Ces cours mettent l'accent sur la sécurité routière, la conduite préventive, économique, etc. Ils comprennent une partie pratique et une partie théorique. C'est en quelque sorte un approfondissement de ce qu'on apprend pour obtenir le permis « sec » et on le fait généralement juste après avoir obtenu le permis.
Au total, il faut compter environ 7 semaines de formation à temps plein pour obtenir le permis D et la FIMO.
Une fois le permis et la FIMO obtenus, vous serez tenus de suivre 35h de cours de remise à niveau tous les cinq ans.
Précisons que l'accès au permis D et donc aux cours de conduite sont subordonnés à la passation d'une visite médicale légale obligatoire auprès d'un médecin agréé. La liste des médecins agréés est disponible auprès de votre préfecture.
Petit détail qui a son importance : le prix le moins cher trouvé à ce jour pour passer le permis D est de ~2000€ et pour la FIMO ~2500€... ce qui signifie 4500€ au total...
L'accès à la profession de conducteur de transport de personnes pour également se faire via un Titre Professionnel qui comprend permis D, FIMO ainsi que des cours divers afin de faire de vous un conducteur « complet », capable de préparer un itinéraire, d'avoir des bases de géographie, de faire face à différents ennuis mécaniques, etc. Celui-ci dure 3 mois et demi et son coût avoisine les 8.000 à 10.000€.
Dans les deux cas, les billets verts ne me poussent pas encore sous les aisselles... il a donc fallu me mettre en quête d'une solution de financement... C'est ce que je vous raconterai au prochain épisode.
Edit : j'ai trouvé un petit ficher sympa qui récapitule succintement ce qu'il faut savoir sur l'obtention du permis D en France.
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