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dimanche 20 février 2011

Le permis est dans la poche

Après 3 mois de formation, nous avons passé la semaine dernière nos épreuves de validation (code, plateau, conduite, opérations professionnelles). Nous avons tous réussi l'ensemble des épreuves, avec un maximum de 4 points de pénalité sur l'épreuve du plateau dans sa totalité (questions écrites, vérifs, fiches, manoeuvres) et 3 d'entres-nous à 0 points, ce qui représente un beau score! La seule ombre au tableau est que malheureusement deux de mes camarades n'ont pas réussi la conduite du premier coup. Nous croisons les doigts pour eux, ils doivent repasser cette épreuve ce lundi.

Une chose importante que j'ai constaté lorsque j'ai moi-même passé mon plateau, c'est à quel point le stress peut nous faire perdre nos moyens. Lors de la VAD (Vérification Avant Départ, un tour complet du véhicule avec toute une série de points de contrôle à effectuer avant de prendre la route : pression des pneus, niveaux, fonctionnement des feux, issues de secours, blablabla), que je connaissais pourtant sur le bout des doigts, je me suis retrouvé à m'emmêler les pinceaux sur la vérification des feux, en oubliant d'allumer les feux de brouillard arrière ou en nommant les feux des positions arrières "feux de recul", etc. Ce fut assez folklorique et j'ai dû faire pas mal d'aller-retours entre le poste de conduite et l'extérieur afin d'allumer les feux correspondants... Au final, heureusement, j'ai repris mon sang froid et je ne me suis pris aucun point de pénalité.

Concernant les fiches sécurité/panneau/mécanique, je me suis pris la numéro 5 : le chargement & la surcharge/les ralentisseurs. Zéro points de pénalité également.

Ensuite la manoeuvre, j'ai tiré la numéro 3. Pas la plus difficile, on la faisait en entraînement en mettant franchement les gaz. Par contre pour l'examen j'ai pas du tout fais le malin : je l'ai jouée bien tranquille en faisant patiner l'embrayage. Malgré ça, je me suis fait une frayeur en arrivant au dernier couloir : aucun piquet dans mes rétros! Ils étaient en fait derrière le véhicule car je n'avais pas suffisamment braqué par crainte de sortir ma roue avant de la piste (absurde, il y avait largement la place). Je m'en suis rendu compte juste à temps et suis donc reparti en marche avant dans le couloir précédent, avant de reprendre ma marche arrière en enroulant franchement cette fois. Ensuite, pour l'arrêt de précision sur la bande blanche, j'étais tellement flippé que je me suis arrêté une première fois 80 cm avant d'être dessus, je suis descendu voir où j'en étais exactement, puis suis remonté, ai reculé un peu, suis redescendu, suis remonté et ai finalement terminé... 3min30 pour réaliser une manoeuvre qu'on faisait d'habitude en moins d'une minute... Bon l'essentiel est que je n'ai frôlé aucun piquet et que je n'ai pas dépassé la bande blanche lors de l'arrêt final.

Voilà, donc le TP est dans la poche! Il reste 2 semaines à passer au centre de formation, qui seront consacrées à du perfectionnement de conduite. Il se peut que nous partions quelques jours en montagne, par exemple. Ensuite nous rentrons début mars en entreprise. Pour une fois, j'ai hâte de me mettre au boulot ;-)

lundi 17 janvier 2011

Titre Professionnel Conducteur de Transport Routier Interurbain de Voyageurs (TP CTRIV)


Comme je l'avais annoncé, j'ai bien commencé ma formation mi-novembre. Les 7 autres candidats qui ont été sélectionné par l'entreprise de transport urbain et moi-même sommes donc en train de passer notre permis D et notre FIMO sous la forme d'un Titre Professionnel donc l'intitulé exact est "Conducteur de Transport Routier Interurbain de Voyageurs". Il s'agit d'une formation s'étalant sur 3 mois et demi à temps plein. Les matières abordées sont donc élargies par rapport au permis + FIMO "simples".

Après réussite de ce TP, nous serons amenés à travailler dans l'entreprise sous contrat de professionnalisation pendant une période de 9 mois, durant lesquels nous effectuerons notre travail en toute autonomie sur les lignes régulières, en alternance avec des périodes de formation interne. Le but de ce contrat de professionnalisation sera de nous faire passer un second Titre Professionnel, le TP ACCTRUV (Agent Commercial de Conduite du Transport Routier Urbain de Voyageurs). Celui-ci visera à nous perfectionner dans les matières propres à la conduite de bus urbains : conduite en ville, gestions des conflits, etc. Ce n'est qu'à l'issue de cette longue période de formation en alternance, et sous réserve de réussite des examens de ce second TP, que nous nous verrons proposer un CDI.

Pour l'instant la formation externe se passe bien d'un point de vue personnel. D'un point de vue général, l'ensemble du groupe et moi-même déplorons cependant la médiocre qualité de la formation proposée par le centre (qui fait pourtant partie d'un gros réseau national de formation dont je tairais le nom) et de la grande désorganisation dont celui-ci fait montre. Je ne rentrerai pas ici dans le détail des reproches que nous avons à formuler. Heureusement, il me semble qu'indépendamment de tout cela, nous avons tous la capacité de nous dépatouiller pour réussir les épreuves de validation du titre professionnel.

Nous avons commencé par 4 semaines de cours théoriques : réglementation sociale européenne, mécanique, code de la route, conduite défensive, secourisme, préparation d'un voyage, etc. en alternance avec des sessions de conduite sur simulateur... c'est-à-dire un poste de conduite monté sur vérins, avec des écrans géants à 180°.

La 5ème semaine, nous avons commencé la conduite sur véhicule réel à raison de 4h par jour, les 4h restantes étant consacrées à la poursuite de la théorie. Il devrait en être ainsi jusqu'à la fin de la formation, début mars.

Nous avons débuté la conduite avec 1 semaine de conduite sur route à faible densité de circulation. Moi qui avait quelque peu conduit des PL (porteurs) il y a plusieurs années, j'avoue avoir été étonné de constater à quel point la conduite d'un autocar est différente, et bien plus difficile! En raison de la longueur totale du véhicule bien sûr, et de la nécessité d'apprendre à travailler avec le porte-à-faux avant. Les pneus arrières portent d'ailleurs les stigmates des nombreux trottoirs que nous avons mordus au début ;-) Personnellement, j'ai été ravi de me retrouver à nouveau sur un véhicule lourd, de réapprendre à utiliser les rétros, etc. Bref, cette première semaine fut riche d'enseignements, mais épuisante!

Nous avons ensuite attaqué les manoeuvres sur le plateau. Il s'agit de 6 parcours à réaliser en marche arrière : couloirs étroits, slaloms, etc. Pas grand chose à signaler de ce côté-là. On s'attendait tous à rencontrer des difficultés... or il n'en fut rien : nous avons pratiquement tous réussis les 6 parcours différents du premier coup, et n'avons passé les heures suivantes qu'à nous perfectionner et taper des chronos.

Entre-temps, nous avons également passé une semaine en stage découverte de l'entreprise pour laquelle nous allons travailler. Nous avons eu le loisir d'y visiter les différents postes de commande bus et métro, de voir les différents responsables (tous prenant leur travail très à coeur, ce qui est très motivant) à qui nous aurons à faire, de comprendre le fonctionnement interne de l'entreprise, d'apprendre plus de détails sur nos futures rémunérations et avantages divers, etc. Cette semaine fut très intéressante et nous a, à tous, donné l'envie d'y travailler au plus vite!

Actuellement, je totalise une douzaine d'heures de conduite en circulation et je commence enfin à me sentir à peu près à l'aise avec le véhicule, et à vraiment me sentir progresser. Conduire un autocar n'est en réalité pas aussi simple que certains peuvent l'imaginer ;-)


Lors des examens de ce premier titre professionnel nous aurons, outre les épreuves classiques de circulation et du plateau, deux manoeuvres supplémentaires à savoir effectuer : un créneau et un rangement en bataille. Nous nous verrons également soumettre un "cas de transport", qui consiste à détailler minute après minute les itinéraires, positions du chonotachygraphe, etc. d'un voyage organisé fictif.

Tout ceci ne devrait pas poser de problème. J'ai personellement hâte que la formation s'achève et de pouvoir enfin renter en entreprise! Ma motivation est à 100%, même si, pour les raisons évoquées plus haut, je n'ai pas grand chose de joyeux à raconter au sujet de la formation en elle-même.

dimanche 24 octobre 2010

Recrutement par le réseau de transport en commun de ma ville : 5) test de conduite

La dernière étape : le test de conduite

A la fin de l'entretien, le responsable d'exploitation avec qui j'avais déjà papoté pour mon EMT vient me chercher pour le test. Je suis bien curieux de savoir quel sera le véhicule utilisé... En effet, ayant déjà eu la chance de conduire pas mal d'engins différents dans ma vie : camionnettes de toutes tailles, Fenwicks, PL (je précise que je n'ai pas le perrmis C), et d'autres... je ne crains pas trop la question du gabarit. Par contre je m'interroge beaucoup sur l'ergonomie du véhicule. Je pense en effet que la taille des rétros, la dureté des pédales, le bon état de la boite de vitesse, et autres éléments pratiques peuvent faire toute la différence sur une véhicule inconnu quand on n'a qu'une petite trentaine de minutes pour convaincre... Si on se retrouve avec une vieille bouse démontée qui a passé sa vie à être donnée en patûre à des bleus, le trajet risque d'être moins souple... En fait, il s'avère que je tombe sur un Renault Master plutôt neuf, modifié en stand promotionnel mobile, et qui a donc à l'arrière une caisse cubique qui dépasse en largeur, ce qui le rend similaire à un camping-car de taille moyenne. Ca me va! Je suis doublement rassuré : le véhicule a de bons gros rétros de PL, et la chaîne de transmission s'avère étonnamment plus légère que celle de ma voiture.

Le trajet alterne les difficultés majeures qu'on peut rencontrer en ville (demi-tour sur une grosse avenue très fréquentée, insertion au milieu d'une circulation dense, quelques rues étroites bordées de pistes cyclables, zones limitées à 20km/h, tunnels) et les couloirs de bus (avec parfois leur circulation à contre-sens, ce qui est un peu déconcertant). Je dois également respecter les limites de vitesse imposées aux bus : 40 en ville, 20 dans l'hyper-centre, 70 en dehors. Globalement ça se passe bien, le véhicule n'est pas traître et me permet de conduire à peu près comme je le veux. Le seul point gênant est que le Master est un gros veau des familles (aucun, mais alors aucun couple, et la puissance qui finit seulement par arriver vers 2.500 t/min avec le turbo à fond, bref une abomination pour une conduite style bus). Or, j'ai l'habitude de démarrer souplement : en lâchant simplement l'embrayage, sans besoin d'accélérer sur le premier mètre, mais c'est pratiquement impossible sur le Master et je cale plusieurs fois! Je suis un peu gêné de faire une erreur de jeune conducteur mais le responsable me dit que ça n'a aucune importance, il veut surtout voir si j'ai conscience du gabarit, de la sécurité et du code de la route. Pas de soucis de ce côté-là, et c'est vrai qu'en oubliant le moteur anémique, je me sens très à l'aise dans l'exercice. Le responsable ira même jusqu'à me dire "on dirait que vous avez conduit ça toute votre vie!". Je prends ça pour un beau compliment et termine le test avec la banane jusqu'aux oreilles.

On ramène le véhicule au dépôt et le responsable me demande de le garer en marche arrière dans une place perpendiculaire... au début je suis perplexe, car j'ignorais qu'il y aurait une petite manoeuvre à effectuer... mais en fait je la réalise sans problème : en 10 secondes, super droit et du premier coup! Je me dis que j'ai vraiment un bol pas possible. En fait, ceux qui ont déjà conduit des véhicules lourds le savent : avoir de bons rétros, c'est déjà la moitié du boulot de fait.

En conclusion, autant ce jour-là je suis rentré chez moi sans savoir exactement si j'avais convaincu lors des entretiens des heures précédentes, autant j'avais la certitude d'avoir l'aval du responsable d'exploitation pour ma sélection. Néanmoins, avec le recul je trouve que ce test était plutôt poussé. Je pense qu'une personne qui n'aurait pas eu l'opportunité de conduire différents types de véhicules dans sa vie s'en serait sans doute sorti avec plus de difficulté.

La morale de toute ces épreuves de recrutement est qu'il n'est vraiment pas aisé de rentrer dans les grandes entreprises. A l'inverse, chez certains petits autocaristes, j'ai eu des échos de conducteurs se présentant le vendredi pour un petit dialogue sympathique avec le responsable, et hop embauche immédiate pour commencer le lundi... le tout sans expérience avec uniquement un permis tout frais en poche! Mais bien sûr, c'était pour du temps partiel au SMIC horaire...

En ce qui me concerne, ce test était donc la dernière étape de la procédure de recrutement, et c'est seulement deux semaines plus tard que je recevrai la confirmation téléphonique que ma candidature a été retenue. Deux semaines durant lesquelles je dois admettre que j'ai eu du mal à trouver le sommeil!

Trois semaines après le coup de fil, c'est-à-dire cinq semaines après cette dernière série de tests et d'entretiens, j'ai finalement reçu une grosse enveloppe du centre de formation choisi par l'entreprise, contenant toutes les informations pratiques.

On commence donc le 15/11 (6 mois après les premiers contacts avec l'entreprise). Il y a un dossier à remplir et bien sûr le document pour l'aptitude médicale. A cet effet, je me rends lundi chez le médecin agréé. A priori je suis en parfaite santé, mais j'espère ne pas être pénalisé par mon léger strabisme...